Abbaye Saint-Martin de Ligugé

Avr 10, 2026

Fondée par saint Martin de Tours en 361 à une dizaine de kilomètres au sud de Poitiers, à l’emplacement d’une villa romaine en ruine reçue de l’évêque de Poitiers saint Hilaire, l’abbaye de Ligugé est tout d’abord un ermitage mais le nombre de disciple qui l’y rejoigne le force à fonder un monastère. Il le quitte en 370 lorsqu’il est nommé évêque de Tours. Au Ve siècle, comme la région est occupée par les Wisigoths, le monastère est abandonné. Il reprend une activité après la victoire de Clovis à la bataille de Vouillé. En 591, Grégoire de Tours vient en pèlerinage à Ligugé. Très actif pendant la période carolingienne, sans doute ruiné pendant les invasions normandes, il est rétabli vers 1003 par Aumode de Poitou, l’épouse du comte Guillaume V le Grand , qui y installe quelques moines venu de l’abbaye de Maillezais, dont elle devient un prieuré dépendant. En 1307, le monastère est la résidence du pape Clément V durant son séjour à Poitiers. Détruit en 1359 par les troupes du roi de France, pour empêcher les Anglais, qui occupaient les lieux depuis 1346, d’en faire un point d’appui pour prendre Poitiers, le monastère est reconstruit partiellement par les moines de Maillezais. En 1501, il passe sous le régime de la commande et en 1504, une importante restauration est entreprise par Geoffroy d’Estissac. Mais le monastère est de nouveau fortement endommagé durant les guerres de Religion, il subit en particulier un incendie durant le siège de Poitiers en 1569. Au XVIIe et au XVIIIe siècle, il est confié aux jésuites qui engagent d’importants travaux de restauration, mais les jésuites sont expulsés de France en 1762. Ligugé est saisi comme bien national durant la Révolution française, et est racheté par le minotier Véron. Mis en vente en 1852, il est racheté par Mgr Louis-Edouard Pie, évêque de Poitiers, et dom Guéranger, venu de l’abbaye de Solesmes, s’y installe avec quatre religieux afin d’y restaurer la vie monastique. Elle retrouve son titre d’abbatiale en 1856 par Pie IX, et dom Léon Bastide devient le premier abbé en 1856. En 1901, suite au lois anticongréganistes, la communauté part à Chevetogne, en Belgique, et peuvent y revenir en 1923. Une église claustrale est établie en 1929 car l’église abbatiale était entretemps devenue paroissiale.  Durant la Seconde Guerre mondiale, les communs sont réquisitionnés par les nazis, mais Ligugé devient un lieu de résistance, voyant le père Lambert, membre du réseau Renard, décapité au camp de Wolfenbüttel le 3 décembre 1943. Un atelier d’émaillage est créé en 1945. Des fouilles archéologiques sont réalisées dans les années 1950-1960.

L’abbaye de Ligugé conserve deux reliquaires de saint Martin. Le premier est un buste-reliquaire de saint Martin qui se trouve dans une niche du cloître. Il a été réalisé par les frères Devroye, orfèvres à Bruxelles, suivant les dessins du père Brasseur, moine de l’abbaye de Ligugé. C’est un reliquaire en argent massif, repoussé au marteau puis ciselé. Il mesure 56 cm de haut, 52 cm de long à la base, il pèse 15,700 kg et contient 143 pierreries (socle compris). Saint Martin figure en évêque nimbé d’un mince filet d’argent doré, marquant sa sainteté. Le deuxième se trouve dans la chapelle de l’abbaye. C’est un reliquaire particulier puisqu’il est à la fois chapelle-reliquaire et reliquaire-monstrance.

Source:https://saint-martindetours.com/abbaye-saint-martin-de-liguge/